Vent d'ange

Enfin, nous y sommes en ce dimanche de septembre et quel qu’en sera le temps, il sera formidable comme tous les ans. Les enfants attendent en bas, près de la voiture, impatients, les parents terminent de charger le coffre et c’est parti pour une heure de trajet à voir défiler ce paysage qu’ils connaissent par cœur, à regarder la pendule sur le tableau de bord et à espérer n’arriver pas trop tard.
Ils sont déjà tous là, habillés, outils en main et ils s’éloignent déjà. Les enfants se dirigent hâtivement vers la maison et après un bref bonjour à la grand-mère affairée à préparer le festin qui régalera petits et grands travailleurs, ils enfilent les bottes, empoignent un sécateur et courent rejoindre le reste de la famille..
Pas de temps pour de longs discours, pour de longues embrassades, il prennent un panier et les voilà déjà au pied d’un cep à couper le raisin.
Malgré le beau temps, la terre est collante et regorge encore de l’eau tombée durant la semaine. Peu importe, les parents et enfants s’appliquent à la tâche. Les histoires vont bon train.
De temps en temps, les enfants quittent la vigne, s’approchent du tracteur, du pressoir et se proposent à tourner la manivelle. Ils sont heureux d’observer le fruit de leurs efforts dans le tonneau.
Le grand-père motivent ses troupes pour ne pas manquer l’heure du déjeuner et ne pas avoir à s’y remettre l’après midi.
Voilà ils sont au bout, il ne reste plus rien. Les bottes sont pâteuses, la fatigue se lit sur les visages. Le groupe se divise et remonte les rangs pour rejoindre la maison. Tout le monde s’arrête pour observer les cuves et ils y vont tous de leurs petits commentaires et leurs comparaisons d’avec les années précédentes.

On a poussé les murs, sorti les tables et les chaises du grenier, la grand-mère a installé la vaisselle des jours de fête pour que la vingtaine de personne puisse partager pleinement ce moment de retrouvaille, ce moment de bonheur.
Cette année là, tout le monde tient dans la maison mais les autres années, lorsque mon grand-père invite des cousins éloignés, les tables sont installées dans la grange juste devant les fûts.

Quel bonheur de pouvoir déguster ce premier jus. Quel bonheur pour les enfants de pouvoir déguster le vin. C’est la seule fois de l’année où les parents n’ont pas leurs mots à dire lorsque le grand-père, fier de son beuvrage remplit les verres.
Et ce festin qu’elle nous a préparé, toujours avec ce même amour de soigner ses petits.

Vers 15h, les enfants sortent de table et rejoignent les hommes pour les aider à nettoyer la remorque, les paniers, les bottes et tout l’outillage. Ils sont tellement fiers de pouvoir aider le grand-père, tellement fier d’être ce jour là d’être autant capable que les adultes.

En fin d’après midi, les femmes font leur marché dans le jardin et préparent le repas du soir. Les hommes discutent entre eux ou jouent aux cartes, et les enfants sont dehors à jouer entre cousins.

Il est l’heure du départ, les adieux sont difficiles mais tout le monde se promet d’être là l’année prochaine. Sur le chemin du retour, les enfants s’endorment avec pleins de belles images colorées dans la tête. Demain, il y a l’école et les retrouvailles avec les petits camarades qui n’ont toujours vécu qu’en ville et qui ne connaîtront jamais ces moments de bonheur.

PS : C’est lors d’une de ces journées qu’à l’âge de 12 ans, j’ai pris ma première cuite. Ce n’était pas la faute de mon grand-père mais sûrement de mes autres grand-parents (non invités) et de leurs origines bretonnes et normandes.

juin 2007

Noter cette rubrique

0/10 sur 0 vote

Sélectionnez une note puis validez par "Noter"
Commentaire (0)
Aucun commentaire
Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

champ de sécurité

 



Dernière mise à jour de cette rubrique le 22/10/2007

Créer son site web gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - 117.022 ms.
Agenda Culturel - Videos Droles - Humour et Jeux - Clips musique - Faire un site web